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Deux trois choses à préciser.
J’ai donc choisi d’avoir recours à une IVG il y a une dizaine de jours. IVG médicamenteuse, je précise.
Protocole simple.
J1, prise de 3 comprimés de Mifégine.
J+2, hospitalisation, 2 cytotec par voie orale, 2 par voie vaginale à 9h, opération renouvellée à midi.

Pour info, pas de douleur, juste une gène au niveau des reins, puis gros saignements, et perte du petit œuf entre les 2 prises de médicament. Je précise que la perte de l’embryon est très fluctuante, et mon cas n’est pas du tout représentatif de la norme.

Voilà pour la situation.

Maintenant, je tiens à parler de certaines choses.

Premièrement, je suis une maman allaitante. On se doute que si à 7,5 mois ma fille est toujours au sein, c’est que l’allaitement me tient autant à cœur qu’à elle. Or, la grande question avec le prise de ces médocs était : « puis-je continuer à allaiter ma fille ? Ou pas ? ». Personne, je dis bien personne, n’a été capable de me renseigner de manière précise et correcte. Ni mon gynécologue, ni les infirmières, ni les sages femmes, ni les conseillères en lactation. Quand à la LLL, j’attends encore qu’une conseillère me rappelle. J’ai laissé 3 messages, en exposant ma situation. Aucun retour. Rien. Je note, pour plus tard…

Le mot d’ordre était, « par précaution, il vaut mieux tirer le lait et le jeter pendant 2 ou 3 jours ». Sympa le « par précaution ». Le sous-texte est « je ne sais pas, je ne me mouille pas, on sait jamais ».

Sauf qu’en allant sur le site du CRAT (une bible pour les mamans allaitantes et les femmes enceintes) il s’avère que la mifégine et le cytotec sont TOUT A FAIT COMPATIBLES avec un allaitement, et qu’il n’est absolument pas nécessaire de l’interrompre ! Donc oui, IVG médicamenteuse et allaitement sont compatibles bourdel !

Le deuxième point est l’attitude du personnel médical. Hormis mon gynécologue qui connait mon histoire et n’a pas jugé ma décision, je redoutais énormément les réactions du personnel hospitalier. L’IVG est souvent méprisée, je redoutais d’être confrontée à une méchanceté larvée. Et bien pas du tout ! Les infirmières ont été adorables, humaines, à l’écoute, rassurantes tout le long de la procédure. Le seul bémol est venu du médecin gynécologue qui est passé en chambre avant ma sortie et qui m’a tourné le dos lorsque l’infirmière lui a dit pourquoi  j’étais là. Regard glacial et pas un mot. Facile hein, pour un homme de juger et condamner une femme avortante ! Tellement facile… Et très professionnel pour un médecin aussi !

Enfin, et là j’ai quand même été choquée, PERSONNE, je dis bien personne, ne m’a, à aucun moment, parlé de contraception ! Si tu es hospitalisée pour un avortement, ça veut dire qu’il y a eu une couille (ou deux) dans le potage quand même. Et bien on fait comme si ça n’était pas le cas.
Je suis repartie sans que les mots préservatifs, pilule, spermicide, implant, stérilet aient été prononcés ne serait-ce qu’une seule fois. Ça va que je maîtrise le truc (ouais je le maîtrise normalement), mais quand même !
Alors quand j’entend de-ci de-là qu’il faut INFORMER, ça me fait péter la ficelle du string de rire ! Bougez votre cul bourdel ! Appellez une chatte une chatte ! Pour une personne comme moi qui normalement maîtrise sa contraception et qui pourtant se retrouve à avorter, combien ne maîtrise rien et reviendront encore, et encore, et encore ? Faut pas s’étonner que les taux d’IVG explosent si, lorsqu’on se retrouve à en faire une, personne ne se pose la question du  COMMENT on en est arrivée là, et COMMENT faire pour l’éviter à l’avenir.

Y a du boulot, je vous le dis !